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''LA TOUR''
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{{gap}}Mes douze palais d'or ne pouvant plus suffire,
{{gap}}Mon cœur royal étant désenchanté du jour,
{{gap}}Un soir, j'ai fait monter mon trône de porphyre
{{gap}}Pour jamais au plus haut de ma plus haute tour.

{{gap}}Et là, dominant l'homme et les cités sonores,
{{gap}}J'ai vécu seul parmi l'azur silencieux,
{{gap}}À voir, indifférent, les couchants, les aurores
{{gap}}Mirer leurs ciels dans l'eau déserte de mes yeux.

{{gap}}Pâle, j'attends, le goût de la mort à la bouche.
{{gap}}La terre est à mes pieds comme un chien qui se couche ;
{{gap}}Mes mains flottent parmi les étoiles, la nuit.

{{gap}}Rien n'a distrait mon œil immobile sans trève,
{{gap}}Rien n'a rempli mon cœur toujours vide, qui rêve
{{gap}}Sur l'incommensurable mer de mon ennui ;

{{gap}}Et le néant m'a fait une âme comme lui.
{{right|{{sc|Albert Samain.}}}}