:« Comme sous un souffle de flamme
:S'exaltent mes désirs virils;
:Qu'importé les futurs périls :
:Une fleur a fleuri mon âme!...

:Des Messagers clairs sont venus
:Qui m'ont dit : « Tu ceindras le glaive,
:« Et tu chevaucheras sans trêve,
:« A travers les vaux inconnus,

:« Jusqu'à la Citadelle haute
:« Dont les créneaux crèvent les cieux.
:« O Roi va donc, insoucieux,
:« Le Palais vide attend son hôte!»

:Et j'irai, le premier de tous,
:Opérer l'épique escalade.
:Méprisant la vaine peuplade
:Des tristes railleurs et des fous.

:Je serai le prêtre des prêtres
:De l'unique Divinité,
:Vers qui de toute Eternité
:Monte la prière des Êtres.

:Spoliateur essentiel
:Mon règne n'aura point d'automne,
:Car je tresserai ma couronne
:De fleurons dérobés au Ciel! »

Ayant chanté cela très gravement, le Roi
:Caresse la crinière de son palefroi,
:Puis abaissant, d'un geste qui salue,
Son épée à la gloire a jamais dévolue,
:Tandis que douze héros d'or
::Sonnent du cor,
:Et que clame la populace,
:Il part au galop, l'Elu du Destin,
:Et l'éclair bleu de sa cuirasse :Brille longtemps par le chemin.

***


:Sur la plus haute des tourelles,
La Princesse enfantine qui l'aima d'amour,
Regarda l'occident jusqu'à la fin du jour
Et puis mourut parmi l'essor des tourterelles!...