un !) Etre innocent, en art, c'est n'avoir point de préoccupation étrangère à la recherche personnelle et sincère, — aucune préoccupation ni de stupre, ni de lucre, ni de vaine curiosité, ni de vaine gloire, ni même de vain enseignement ; c'est parler parce qu'on ne peut plus se taire, c'est se délivrer, c'est uniquement s'efforcer de s'exprimer soi-même, dans ce qu'on a de plus hautement « spécial, » — soi-même, c'est-à-dire un ''Désir'' ! (Car notre pensée peut s'ignorer en ses contingentes réalités, elle sait toujours quel idéal d'orgueil et de beauté elle a, une fois pour jamais, choisi vers l'Absolu.) A ce prix on a l'inviolable virginité, l'éternelle enfance des poëtes, à ce prix on est innocent ; on a du style.
{{gap}}« L'innocence de l'esprit, » — ajoute Dolent, « une innocence conquise. »
Ces deux mots, qui révèlent un tempérament et indiquent une histoire spirituelle, tracent au mieux le plan de cette Etude.
I

{{gap}}La nature, la couleur des ouvrages (1) qu'il a choisi d'écrire, refléta nécessairement la nature et la couleur d'un esprit qui ne cherche jamais que sa propre expression. Tous les livres de Dolent, à ce point de vue, sont explicites. Mais je m'attacherai à l'étudier principalement dans le roman de ''L'Insoumis'', livre pour lequel je ne cache pas ma prédilection : il est de cette heure, en dépit des dates, et je l'estime des meilleurs de ce temps. C'est là que nous verrons juste comment la pensée, nette et simple dans l'ensemble, se complique harmonieusement au détail de l'exécution : comment alors mille fins fils viennent croiser, pour les y retenir prisonnières, la trame du réseau où se sont prises les ailes des idées.
{{gap}}La composition entière évolue autour d'un type constant en tous ses développements :