{{gap}}Ce soir-là, je le veux camper comme un menhir
{{gap}}Immuable dans la plaine du souvenir
{{gap}}Pour qu'il domine à tout jamais mon avenir.
'''
III'''
{{right|''Consolatrix afflictorum.}}''
{{gap}}Pour mes douleurs ta Chanson triste, et si câline
{{gap}}Qu'on dirait presque des soupirs de mandoline,
{{gap}}A tissé des linceuls de blanche mousseline.
{{gap}}Et pour charmer l'ennui mortel des lendemains,
{{gap}}Tes mains d'Amante vont semant par les chemins
{{gap}}Les roses, les muguets, les lis et les jasmins.
{{gap}}Va, sème encor, sème toujours, bonne Semeuse,
{{gap}}Et chante ! car ta voix c'est la Harpe fameuse
{{gap}}Qui m'endort l'âme mieux qu'un philtre de charmeuse.
'''IV'''
{{right|''Stella matutina.}}''
{{gap}}Par l'affolante nuit de mon affliction
{{gap}}Rayonnante a surgi ton Apparition
{{gap}}Dans une aube de paix et de rédemption.
{{gap}}Ton geste a lacéré les ténèbres algides
{{gap}}Où mes espoirs gisaient poignardés et rigides
{{gap}}Tels des suppliciés vaincus faute d'égides.
{{gap}}Alors ce fut l'aurore et ses frissons d'éveil !
{{gap}}Les oiseaux bleus ont secoué leur long sommeil.
{{gap}}Et leurs coups d'aile ont vibré d'or dans le soleil !
'''V'''
{{right|''Turris eburnea.}}''
{{gap}}Au milieu des Babels perfides des mirages
{{gap}}N'es-tu pas le Phare où viennent mourir les rages
{{gap}}Des vents farouches qui sifflent dans les orages ?
{{gap}}Et quand j'ai déposé l'armet de carnaval,
{{gap}}Casqué pour traverser plus sûrement le val
{{gap}}De la vie et son drame ironique et brutal,
{{gap}}Ah! vraiment, n'es-tu pas, Chère, l'unique asile
{{gap}}Où puisse sangloter ma pauvre âme indocile
{{gap}}Que la lutte épouvante et que le rêve exile ?
'''VI'''
{{right|''Vas honorabile.}}''
{{gap}}Vase odorant, fleuri de fleurs de Paradis,
{{gap}}Tu détiens le secret des ferveurs qui jadis
{{gap}}Ont suscité les Galaor, les Amadis.