{{larger|NEIGES}}

{{right|''A Eugène Jublin.''}}
I

L'Angelus tombe enfin des clochers et des tours...
{{gap}}Pour parer l'Heure nuptiale,
La neige ourdit des blanches nappes de velours
{{gap}}Dans une clarté vespérale.

Les arbres du vieux parc enlinceulés ont l'air
{{gap}}D'un cortège fantômatique;
Le haut jet d'eau répand des pleurs de cristal clair
{{gap}}Dans les vasques de Penthélique.

Et par ce soir d'hiver, par ce soir endormant
{{gap}}Que nul soleil brutal n'enflamme,
Il monte un si vague et si triste apaisement
{{gap}}Qu'on se sent vraiment mal à l'âme.

Un mal pacifiant et douloureux aussi,
{{gap}}Comme un baiser sur une plaie...
―De son socle de stuc, un chèvre-pieds transi,
{{gap}}Perdu sous la châtaigneraie,

Nargue un groupe d'Amours que les males saisons
{{gap}}Ont rendus frileux et moroses
Et qui songent sans doute au temps des fenaisons
{{gap}}En déplorant la mort des roses.

De profundis! les Belles aux yeux de béril
{{gap}}Avec les fleurs s'en sont allées,
Et l'âme des printemps erre en parfum subtil
{{gap}}Par le veuvage des allées.