{{larger|''L'ÉVOLUTION ÉGOÏSTE''}}
{{right|''{{smaller|... Quant au Progrès, il fut à une certaine époque une vraie calamité, mais ne progressa jamais.
{{sc|Edgar Poe}}}}.''}}
{{gap}}De même que les bonnes gens, à noter les modifications survenues depuis une vingtaine d'années dans l'atmosphère par rapport aux saisons, sentent poindre l'inquiétude de l'imminente fin du monde tant de fois prédite, d'aucuns s'émeuvent à saisir de si radicales dissemblances entre l'homme nouveau, l'individu « nouvelles couches », et l'homme d'il y a seulement un quart de siècle. Bien des chefs de famille ne comprennent plus leurs rejetons, et s'étonnent d'avoir procréé des êtres à ce point différents d'eux-mêmes qu'on les dirait issus d'une autre race : ils s'en attristent pour la plupart ou s'en indignent, certains vont jusqu'à gémir de leur qualité d'éditeurs responsables de tels monstres ; et, au fond, tous, inférant du phénomène, sans d'ailleurs s'appliquer à la découverte des causes, que les jeunes ne valent pas les anciens, vivent avec cette consternante pensée que décidément l'humanité déchoit...
{{gap}}C'est bien possible.
{{gap}}La constatation est cependant amusante que nous sommes décrétés déchus simplement parce que l'individu-type (les individus-types plutôt) de nos générations réprouvées n'est point conforme à celui des générations réprobatrices. M. Prudhomme, si coutumier de droit sens, ne songe pas même à en accuser l'électricité, les chemins de fer, le téléphone, ou la liberté d'écrire ; il recule à déchiffrer le pourquoi de l'avatar, ou mieux l'idée ne lui a point surgi encore qu'il pouvait avoir un pourquoi, dont la pénétration le dispenserait sans doute de maudire sa progéniture ― extrémité toujours désagréable.
{{gap}}— J'ai, dit-il, engendré un fils, je lui ai inculqué les honnêtes principes que m'avaient transmis mes pères : Patrie, Famille, Tradition, Respect de la chose {{Hyphenated word start|accom|accomplie}}