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LA GENT IRRITABLE''
{{larger|LA TRÊVE}}
{{gap}}On assiste à ce combat nouveau : des Jeunes Hommes s'estafiladant à coups de plume.
{{gap}}Il s'agit des Poëtes, — est-il besoin de le dire ?
{{gap}}Voilà qu'ils ne peuvent se rencontrer sans tricoter de regards méchants l'espace qui les sépare. Échangent-ils un mot, c'est une balle que ce mot.
{{gap}}De chaque forteresse de papier — ô les fraternelles ''revues'' d'antan ! ― s'épivardent sur les camps rivaux des obus de crachats.
{{gap}}La poignée-de-mains, cette double fleur, ne s'épanouit plus au Jardin de la Beauté.
{{gap}}Une telle misère ne peut durer, vraiment !
{{gap}}Je demande la Trêve.
{{gap}}Le philosophe de la Morale Égoïste et le père de la Lutte-pour-la-vie, Hobbes, déclare que l'homme est un loup pour l'homme : ''homo lupus homini''.
{{gap}}Ce désolant apophthegme, nos Jeunes Poëtes semblent en revendiquer le monopole. Alors que tout tend à la caresse, par ces jours de Frégates Sympathiques, seuls ils sont en querelle : ''vates vati lupus.'' Je ne sache pas un bagne où l'on se haïsse davantage que parmi la Jeune Littérature.
{{gap}}Lisez ses organes, entrez dans ses chapelles, dégringolez dans ses sous-sols; vous serez édifiés.
{{gap}}On s'y blasphème avec délices.
{{gap}}Allez! nul n'est épargné dans la distribution.