{{gap}}Nous inaugurons, en ce fascicule, la publication d’œuvres inédites, texte et traduction, des principaux poètes étrangers contemporains : elles seront, chaque fois, accompagnées d'une brève notice.
{{gap}}M. Carducci, aujourd'hui âgé de cinquante-cinq ans, Pisan d'origine, Bolonais par adoption, est le plus remarquable poète de l'Italie contemporaine. Sa célébrité date de son ''Hymne à Satan'', et, après plusieurs recueils, les ''Odes barbares'' la consolidèrent singulièrement. Républicain (en ce temps-là), anti-romantique, c'est dire, en Italie, anti-catholique, il avait voulu se séparer de l'école de Manzoni, non pas seulement par les idées, mais par la métrique elle-méme : répudiant les rythmes traditionnels, il imagina de faire revivre en italien le système compliqué de la versification latine. La langue italienne, très accentuée, lui permit de réussir relativement ; mais, en ces dernières années, il est revenu au vers syllabique, comprenant peut-être qu'au lieu de réclamer des règles nouvelles, la versification tend, au contraire, à s'affranchir de toutes les règles qui ne sont pas purement musicales. Les lecteurs du ''Mercure'' savent que dans la ''La Néva'' notre ami Louis Dumur a tenté, lui aussi, non tout à fait sans succès, un système analogue,— et même plus original. — Carducci et son école, ce n'est pas toute la poésie actuelle en Italie, mais les ''Barbares'' tiennent une grande place ; les plus connus sont : D'Annunzio, Marradi, Ferrari, Olindo Guerrini, Giuseppe Chiarini, et Guido Mazzoni dont nous donnons un sonnet. — Ni ce sonnet, ni celui de Carducci ne sont ''barbares''.{{right|R. G.}}
{{larger|''A C. C.''}}
{{sc|inviandogli un esemplare delle opere di byron}}
Carlo, su'l risonante adriaco lido
A te ne viene Aroldo il bel cantore,
Non qual ei drappeggio con riso infido
Nel mantello di pari il suo dolore,
Ma qual di fè raggiante e di valore
Surse d'un popol combattente al grido,
Qnando penso raddur d'Alceo col cuore
L'aquila d'Alessandro al greco nido,
Quanti per quella bianca anglica fronte
Sogni passar di gloria ! Da l'Egeo
Sorridevan le sparse isole belle.
Ahi, la Parca volo. Di monte in monte
Pianse la lira de l'antico Orfeo
E tramontan in buio mar le stelle.
{{right|G{{sc|iosuè}} C{{sc|arducci}}.}}