{{gap}}— Notre soif d'infini, Maîtresse énigmatique !
{{gap}}En nous n'a pas éteint le bûcher des tourments,
{{gap}}Et n'a pu nous ravir au supplice mystique
{{gap}}Qu'ont souffert, ici-bas, les plus heureux amants !...
{{gap}}Qu'importe que ce soit une action profane
{{gap}}De s'étreindre couchés sur un gazon tombal,
{{gap}}Et, par un vent où l'Ange inexorable plane,
{{gap}}D'oser tel entretien comme au retour d'un bal !
{{gap}}Sous l'hypocrite Azur, complice du mystère
{{gap}}Qu'il nous taira toujours dans son sourire bleu,
{{gap}}Nous faut-il, en croyants d'une puissance austère,
{{gap}}Endurer sans espoir le martyre du feu,
{{gap}}Lorsque les exilés de noirs caveaux infâmes
{{gap}}Où la nuit est rebelle aux clartés des flambeaux,
{{gap}}Détenant les secrets de la chair et des âmes,
{{gap}}Dorment sans qu'on les trouble au fond de leurs tombeaux ?
{{gap}}Et qui reculerait même devant l'outrage,
{{gap}}Si, lassé par les chocs de deux corps indomptés,
{{gap}}Quelque mort, soulevant son couvercle avec rage,
{{gap}}Jetait le mot magique à des cœurs révoltés !
{{gap}}... Mais, passant à l'automne auprès de mausolées,
{{gap}}Et pénétrant un soir dans la ville des morts,
{{gap}}— Derrière les cyprès épars dans les allées,
{{gap}}Saurais-tu me livrer ta bouche sans remords ?... {{right|J{{sc|ulien}} L{{sc|eclercq}}}} {{gap}}''Novembre 1889.''