Sœurette, les occultes amantes d'un prudent chuchoteur, ou les patientes fiancées d'un épouseur distrait?
{{gap}}« Réponds, Sœurette, en me donnant tes lèvres! Réponds, Sœurette : — si nous nous aimions entre nous, tout simplement? »
PRESCIENCE
{{right|''Sol de Stella.''|3em}} {{sc|{{right|Saint Bernard.}}}}
{{gap}}Elle ouvrit sa fenêtre :
{{gap}}C'était un paysage de printemps, jeune, pas fini, un paysage d'aube attardée et de lueurs attendues, — des cieux pâlement fleuris, l'envers d'une soie brochée, une broderie de feuillages en enfance sur du tulle mauve...
{{gap}}Il y eut un arrêt, avant l'exaltation certaine des lueurs attendues. Quelque chose de clarifiant allait surgir dans une bénédiction prochaine. L'Etoile mystique accouchait du Soleil d'Amour...
{{gap}}Elle referma sa fenêtre, disant :
{{gap}}« Et moi, j'attends Celui qui ne viendra jamais. »
{{gap}}{{gap}}{{smaller|''Février 1891.''}}
PROSE POUR UN POÈTE
{{right|''A Saint-Pol-Roux.''|3em}}
{{gap}}« Pense, disait le Poète, pense au pâle abandon...»
{{gap}}Il faut savoir qu'elle était pas jeune, jolie plus guère, et parmi l'artificiel glacis blond des cheveux fins, tel qu'en un ciel enflammé des avant-crépuscules, de blanches stries se couchaient, primevères à l'agonie parmi les soucis incandescents.
{{gap}}Il faut savoir tout ce que savait le Poète : encore ceci, que la pas jeune et plus guère jolie femme, un désolant caprice la délaissait ; « Il ne l'aimait plus! » Ah! même dans un grand calme de ton et avec gestes à la Tant-pis-que-voulez-vous? — ça contenait bien des sanglots, et pas si effarouchés qu'ils ne montassent résolument à l'assaut du pauvre cœur...
{{gap}}Il faut savoir encore qu'elle dit, après un silence :