{{larger|''CHANSON''}}
{{right|{{smaller|''O nala mecum consule Maulio...''}}}} {{right|H{{sc|orace}}.}}
Vin qu'on mit en bouteille au temps de ma naissance,
{{gap}}Soit que tu provoques les jeux,
Ou les rixes, ou les noires concupiscences,
{{gap}}Ou les sommeils de plomb, tu peux
{{gap}}Pour célébrer ce jour heureux
{{gap}}Te répandre avec abondance!...
Que ta pourpre dorée, berceau des chansons,
{{gap}}Corvinus le veut! ne diffère.
Bien que Socrate l'ait nourri de ses leçons,
{{gap}}Ce sage n'est pas si sévère
{{gap}}Que d'aller refuser son verre,
{{gap}}Un jour de fête, à l'échanson!
Puisque Caton lui-même a senti tes amorces,
{{gap}}Puisque de ce vieux sage aussi,
Pour échauffer le cœur, tu sus percer l'écorce!
{{gap}}Est-il remords, est-il souci,
{{gap}}Est-il cœur si hautain d'ici
{{gap}}Ou d'ailleurs, vin! que tu ne forces?
D'un coup tu raffermis les esprits ébranlés;
{{gap}}Par toi, le lâche a la vaillance;
Aux gueux, tu rends l'orgueil; Ô Pourpre, enivre-les:
{{gap}}Tu les verras plein d'insolence,
{{gap}}Au milieu des camps et des lances,
{{gap}}Braver jusqu'aux rois assemblés!
Donc, coule! et si Vénus, la déesse aux beaux voiles,
{{gap}}Daigne sourire à nos amours,
Avec les Grâces, qu'on voit jointes sur les toiles,
{{gap}}Mes flambeaux conduiront leur jour
{{gap}}Jusqu'à cette heure où, de retour,
{{gap}}Phœbus chassera les Étoiles! {{right|E{{sc|rnest}} R{{sc|aynaud}}.}}