perpétuelles déceptions, elle n'en souffrait qu'un instant, se résignait. Je pouvais la comprendre, moi, que des folies leurraient sans repos, à qui les réalités extérieures, cérébralement exagérées d'avance, échappaient toujours quand j'avançais la main vers « la cueillaison du rêve ».
{{gap}}Motif de désolation, oui, mais valable seulement pour des enfants; pourtant de telles faillites, souvent répétées, finissent par détruire la native confiance de l'être en la vie, — et bientôt l'on n'avance même plus la main, sûr de ne ramener vers soi que le vide. Au rebours de ce qui est cru, c'est là une acquisition plutôt qu'une perte; arrivé à cet état mental, l'homme a compris l'inutilité absolue du mouvement, il se confine en lui même, se trouve enfin apte à l'existence sérieuse et vraie. Il ne s'intéresse plus qu'à la seule pensée, ses relations avec le monde sont réduites au nécessaire strict, à l'entretien urgent du substratum matériel, et toutes les questions qui agitent les peuples, émeuvent les individus, acquièrent immédiatement l'importance du fétu qui révolutionne une fourmilière.
{{gap}}Hyacinthe était apte à recevoir ces idées : elle les accepta, et, mésestimant tout le reste, nous nous occupâmes de nous-mêmes et de l'infini.
{{gap}}Nous-mêmes, c'était l'amour. Spirituellement, nous ne pouvions nous atteindre qu'en Dieu, après avoir gravi la montagne mystique, et là, souffrir la crucifixion sur la croix de l'éternel Jésus: c'est ce que j'avais promis à Hyacinthe et c'est ce qu'elle croyait vouloir.
{{gap}}Physiquement, tous les grains de l'encens profane n'avaient pas été brûlés. Je ne voulus pas condamner celle qui m'était confiée à l'ignorance éternelle d'un art si généralement estimé, et, tout en souhaitant qu'ils lui répugnassent, je lui en dévoilai les éléments les plus secrets.
{{gap}}La curiosité la soutint dans cette épreuve, et nous épuisâmes avec méthode tous les articles de