vont promener plus loin leur amusante bouderie, un autre couple apparaît à l'orée du bois. L'amant est, cette fois, d'un caractère folâtre dont s'accommode peu la rêveuse et gentille enfant qui l'accompagne. L'échange n'est-il pas indiqué? ... il se fera.
{{gap}}Nuancé de fin comique, d'atticisme discret, le dialogue est conduit avec une étincelante et nerveuse maëstria. Cette attrayante fantaisie fût interprétée à ravir par Mmes Sylviac, adorablement rieuse, Théven, fort bien en sentimentale ennuyée, à qui donnaient la réplique M. Antoine, qui, dans la manière triste, nous a dit, de talentueuse façon, les vers de M. Maurice Vaucaire, et M. Grand, plein de conviction et d'heureux entrain.
{{gap}}'''L'Abbé Pierre''', ''pièce en un acte, en prose'', de M. Marcel Prévost. — Pourquoi M. Marcel Prévost jugea-t-il nécessaire de nous exposer, en même temps que l'insignifiante conversation amoureuse d'un serrurier et d une servante d'auberge, une extraordinaire confession d'une mère à son fils ? Peut-être voulut-il permettre à M. Antoine d'endosser une soutane, et de nous montrer qu ainsi vêtu il était susceptible de tirer d'admirables et tragiques effets d'un rôle médiocre sans lui.
{{gap}}Constatons que Mme Barny, fort pathétique en veuve coupable, Mlle Luce Colas et M. Renard, dans les rôles secondaires, l'ont aidé de leur mieux à soutenir ce mélodrame, d'un romanesque faux, teinté de mauvais naturalisme.
{{right|{{sc|Gaston Danville.}}}}
''THÉATRE D'ART.''
{{gap}}Programme : '''La Geste du Roy,''' traductions de {{sc|Stuart Merrill}}, {{sc|Adolphe Retté}} et {{sc|Camille Mauclair}} ; '''Le Cantique des Cantiques''', traduction et mise à la scène de {{sc|P. N. Roinard}}, adaptations musicales de Mme {{sc|Flamen de Labrély}} ; '''Le Concile féerique,''' de {{sc|Jules Laforgue}}; '''Les Aveugles,''' de Maurice Maeterlinck; '''Théodat,''' de {{sc|Remy de Gourmont}}.... Programme bien chargé, mais c'est de tradition au Théâtre d'Art ! Il me semble avoir assisté à une grand'messe trop longue où, pourtant, m'égaya durant quelques minutes une boutade inconvenante d'insolent et merveilleux poète. Je parle du ''Concile fèerique,'' de Jules Laforgue. Cette fantaisie mieux qu'amusante, à qui manque l'étendue d'une œuvre dramatique, est une page exquise d'ironique