''{{larger|RAPSODIE DES LARMES}}''
:Sang de l'âme blessée, ô larmes, vaines larmes,
:Amer et doux torrent, coulez du haut séjour
:Où réside la source intime des alarmes :
:Les longs désirs des nuits, les longs regrets du jour !
:Tombez, abreuvez-nous, larmes, vivantes larmes,
:::Des mystiques douleurs de l'Amour.
:Ce n'est pas dans mon corps que mon âme palpite....
:Elle est entre ses mains, sur ses lèvres, ses yeux...
:Et mon cœur dans le sien bat plus fort et plus vite
:Comme une roue ardente autour de ses essieux
:::Ma vie est entraînée et gravite !
:Ah bien-aimé ! sans fin, amèrement aimé,
:La chair doit endurer que l'âme la déchire ;
:Jamais ce que l'amour a vainement semé,
:Ne moissonne l'Espoir sur les champs du délire....
:::Le bonheur est toujours affamé !
:Et loin de toi ma vie est la déserte image,
:Le simulacre obscur de ma mortalité :
:Ce qui reste de moi n'est qu'une vide cage
:D'où s'est enfui l'oiseau par l'orage emporté....
:::Mais.... laissant aux barreaux son plumage....
:Tels, tissés de soleil soyeux dans un coffret,
:Contemple ces cheveux morts d'une tête morte....
:Semblance formidable !... Ironie !... On dirait
:Que cette pauvre tresse est plus divine et forte
:::Que l'être que son flot d'or paraît !
:Tombez, abreuvez-nous, larmes, ô claires larmes,
:Pluie.... écumes.... rosée.... à l'envi, tour à tour ;
:Dans votre sel brûlant nous retrempons nos armes
:Pour l'attente des nuits et les refus du jour...
:Pleurs de glace ou de feu.... coulez, stériles larmes....
:::Faites-nous pardonner à l'Amour.
{{right|T{{sc|ola}} D{{sc|orian}}}}