{{gap}}On s'éloigne, et le corps de Poil de Carotte se dilate un peu, reprend de l'aise.
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Sa pensée parcourt encore de longues routes de silence.
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Mais un vacarme emplit ses oreilles. Au plafond, un moucheron s'est pris dans une toile d’araignée, vibre et se débat. Et l'araignée glisse le long d'un fil. Son ventre a la blancheur d'une mie de pain. Elle reste un instant suspendue, inquiète, pelotonnée.
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Poil de Carotte, sur la pointe des fesses, la guette, aspire au dénouement, et quand l'araignée tragique fonce, ferme l'étoile de ses pattes, étreint la proie à manger, il se dresse debout, passionné, comme s'il voulait sa part.
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Rien de plus.
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L'araignée remonte, Poil de Carotte se rassied, retourne en lui, en son âme de lièvre où il fait noir.
{{gap}}Bientôt, comme un filet d'eau alourdie par le sable, sa rêvasserie, faute de pente, s’arrête, forme flaque et croupit.
{{right|{{sc|Jules Renard}}}}