''The Bishop Bruno'' du premier, et ''The Ring'' des ''Juvenile Poems'' de Thomas Moore. En ces vers, on entend bruire la Mort ; ils émeuvent profondément, impressionnent d'étrange. A les lire, un frisson gagne, intense. De même pour ''Christabel'' et le ''Vieux Marinier'' de Cooleridge, pareillement empreints de fantastique et d'irréel.
{{gap}}Beddoes produit une impression plus forte et plus durable que généralement les ''lakists''. Comme eux, le surnaturel l'attire ; comme eux, la majesté de la mort, et son interrogatif merveilleux, l'ont inspiré. Mais cette passionnante physionomie purement décorative ne le satisfait pas ; il scrute le problème présenté sous d'aussi attrayants dehors, et devient un poète ''intérieur''. En cela, l'écrivain outrepasse les romantiques arrêtés aux formes. Certes, il les met à profit, mais pour envelopper l'idée, pour exprimer une philosophie.
III

{{gap}}Le Théâtre de Beddoes comporte seulement deux œuvres achevées : ''The Brides' Tragedy'' (La Tragédie des Fiancées) et ''The Death's Jest-Book'' (Le Livre des Farces de la Mort), — et de nombreuses ébauches.
{{gap}}Cinq scènes ont été écrites de ''Love's Arrow Poisoned'' (La Flèche de l'Amour empoisonnée) ; un acte de ''Torrismond'', et quatre de ''The Second Brother'' (Le Second Frère). Ces deux tragédies ont pour cadre l'Italie. Peut-être l'auteur les aurait-il terminées, s'il avait entrepris le second voyage qu'il se proposait à Florence.
{{gap}}Sous le titre ''The Last Man'' (Le Dernier Homme) — qui devait être celui d'une tragédie en cinq actes, — sont groupées de fugitives et violentes notations. On en peut déduire que cette œuvre eût été, peut-être, le chef-d'œuvre de Beddoes. Il importe que la page intitulée ''Dream of Dying'' trouve place en cette étude: {{smaller|
R{{sc|êve de}} M{{sc|ourir}}.
}} {{smaller|{{gap}}Faible, éclatant de fièvre, comme le désert, desséché, — mes oreilles, ces entrées de pensées vêtues de mots ; mes yeux qui perçoivent ; mon toucher qui s'assure des formes, — me quittaient...}} {{smaller|{{gap}}Et mon corps me renvoyait de son habitacle aimé ; or, j'étais mort...}} {{smaller|{{gap}}Et, dans mon tombeau, je me suis assis auprès de mon corps. Et vainement j'attendais d'y revenir, — dans mon corps!}}