rimes les plus sûres et rythmée merveilleusement ?
Il reste seulement certain que, de même
que tous les esprits très féconds, Aurier était un
poète inégal. Ce défaut n'est-il point une quasi
supériorité ? Encore une fois,je ne dirai pas non.
{{gap}}Entre ces ébauches, la plus notable, par l'importance
qu'elle devait avoir, semble être ''Irénée''. Il
n'écrivit qu'un acte à peine de cette tragi-comédie
où il voulait expliquer non pas seulement
l'inutilité, mais la nocuité de l'expérience et du
savoir humains ; ce peu est déjà d'un grand
intérêt: on y sent une réelle force de pensée et,
dans tels passages, celui des femmes de jadis, par
exemple, celui où sont dits les méfaits de la
science, il y a des vers exquis ou formidables.
{{gap}}Irénée, l'Innocence, est sollicité par le démon
Asmodeus qui veut lui apprendre la science,
c'est-à-dire l'amour— puisque tout est dans ce mot et que la science n'est que désir, c'est-à-dire amour (7).
{{gap}}« Viens, dit Asmodeus.
{{gap}}« Non ! Viens ! Mes lèvres ont le goût des ambroisies. »
{{gap}}L'Archange qui veille sur le frêle Irénée répond
(je cite d'après un premier texte modifié dans le
dernier manuscrit):
{{gap}}« Le savoir est un puits aux murailles moisies. »
{{gap}}Asmodeus:
{{gap}}« Le savoir est un ciel d'éternel germinal.»
{{gap}}Tel est le débat, entremêlé d'aristophanesques
bouffonneries. Irénée succombe, et, dès qu'il est savant, « la nature lui paraît abominable », (8).
{{gap}}Fâcheusement, l'éducation classique, la lecture,
souvent maladroite, des tragédies de la belle
époque, de séculaires préjugés, la routine où,
depuis la Renaissance, les professeurs de belles-