:Elle a des colliers lourds de clairs chrysobérils,
:Un soleil de rubis étoile son nombril,
:Et sa bouche fleurit d'un éternel avril;
:Ses regards sont couleur de la feuille des saules,
:Des oiseaux somptueux chantent sur ses épaules,
:Et son ventre est plus blanc que la neige des pôles.
:Un essaim de gais papillons envolés (1)
:Fleurit d'alertes fleurs ses cheveux violets,
:Des serpents sont tordus aux fûts de ses mollets,
:Les roses de ses seins brûlent comme des flammes,
:Et son corps est verni avec des amalgames
:Parfumés et brillants de laque et de cinnames.
:Les diamants et l'or ruissellent sur son corps...
:Elle avance, tenant dans ses doigts gantés d'or
:L'éclatant cinnor d'or, le sonore cinnor...
:Elle avance, Circé, théa des Etruries,
:Elle avance, en l'azur bienveillant des prairies,
:Son beau corps dévêtu brillant de pierreries.
:Magicienne, évocatrice du passé,
:Elle avance, les bras levés, le cil froncé,
:La fille du Soleil et de Persa, Circé !....
:Elle s'arrête enfin près du grand sycomore,
:Et c'est l'essor de ses doigts d'or sur lacmandore
:Et le sonore essor d'un chant couleur d'aurore.
:Sa voix a des échos sacrés d'harmonium,
:Et sa lèvre en bouton, peinte de minium,
:S'épanouit ainsi qu'un beau géranium...
:Les oiseaux se sont tus, les serpents adoucis,.
:Des papillons se sont posés sur ses sourcils...
:Elle chante les mots magiques que voici:
V
::Hermès! Hermès ! Hermharpocrate!
::Dieu des luths, des sphynx, des ibis!
::Tauth ! Fils du Nil et de l'Euphrate!
::Hermapollôn! Hermanubis!