{{larger|LES ÉCRANS LILAS}}
I
{{gap}}Verse à boire, aimable hôtelier des rêves,
{{gap}}Le beau vin pourpré. — N'est-ce pas ton sang ? —
{{gap}}Déjà l'on entend rire sur les grèves
{{gap}}L'essaim des Amours qui vient en dansant
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Frapper à l'huis clos ?
{{gap}}Vite, ouvre ta porte et leur verse à boire,
{{gap}}Ou les voyageurs s'en iront. Il faut
{{gap}}Pour les retenir en l'auberge noire
{{gap}}Des mets généreux, du vin pur et chaud :
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Donne leur ton sang.
{{gap}}Toc ! toc ! Entrez tous, joyeuse cabale
{{gap}}Des Tueurs-de-temps... — Ça nous tue un peu. —
{{gap}}Car l'auberge est vaste et, dans la grand'salle,
{{gap}}Comme un ciel couchant, rougit l'âtre en feu.
{{gap}}Asseyez-vous donc. La table est servie :
{{gap}}C'est mon sang vermeil, mon cœur tout en vie.
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Buvez et mangez.
II
1
{{gap}}{{gap}}{{gap}}L'essaim bleu des Rêves s'essore
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Dans les aurores attendries.
{{gap}}{{gap}}{{gap}}— Les fleurs qui fleuriront encore
{{gap}}{{gap}}{{gap}}Seront-elles bientôt fleuries ? —
2
{{gap}}Et Psykhé, la bonne veuve qui sait pourtant
{{gap}}La stérilité des illusoires espoirs,
{{gap}}Du promontoire, en l'envol de ses voiles noirs,
{{gap}}Les encourage d'un geste à peine hésitant.
3
{{gap}}De toute la hardiesse de leur foi neuve,
{{gap}}Ils s'en vont, plus frais, plus légers que des prières.
{{gap}}Et, si les méchants leur jettent des pierres,
{{gap}}Qu'importe ? — Adieu, la bonne veuve !