{{larger|UNE ''PASSION'' ESPAGNOLE À ALGER}}
{{gap}}En même temps que la'' Passion'' du poète Haraucourt se déclamait, le Vendredi-Saint, au Cirque d'Été, ― à Alger, dans un cirque également, une troupe d'amateurs espagnols représentait la'' Passion'', selon les Évangiles.
{{gap}}Ce drame, en six actes et 14 tableaux, dialogué par Enrique Escrich, et remanié par le sieur Garijo, le Judas de la troupe, offrait cet intérêt d'être joué par des pêcheurs, des ouvriers, des femmes du peuple, tout comme les mystères du moyen-âge et les représentations d'Oberammergau.
{{gap}}Ces artisans aux jambes nues et aux mains calleuses n'avaient, jusque-là, figuré encore qu'à huis-clos, dans un répertoire ancien et moderne, sur un théâtre à eux, perdu sous les voûtes noires et âcres de la Pêcherie, devant un public recruté dans la plèbe espagnole, très nombreuse ici. C'était la première fois qu'ils paraissaient devant la foule bigarrée des hiverneurs cosmopolites, des Algériens, et du commun italien, maltais, juif et arabe. Aussi le cirque Bab-el-Oued était il plein.
{{gap}}Ce que furent les acteurs et la pièce, on le devine aisément : celle-ci naïve, ceux-là assez gauches, et l'effet produit à la fois amusant et {{Hyphenated word start|tou|touchant}}