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dans cette poursuite du miroir, dans cette chasse à l'homme coupable dirigée contre moi seul! — (Il rêve un moment, puis reprend, s'animant de plus en plus) Contre moi seul?... Mais non ! Croyez-le, mère, ceux qui voient bien sont aussi épouvanté que moi. En somme, sait-on pourquoi ce morceau de verre qu'on étame prend subitement des profondeurs de gouffre... et double le monde ? Le miroir, c'est le problème de la vie perpétuellement opposé à l'homme ! Sait-on au juste ce que Narcisse a vu dans la fontaine et de quoi il est mort?...
 la mère (frissonnant): Oh! Sylvius! Tu m'effrayes, maintenant. Ce ne sont donc pas des contes à dormir debout que tu me fais ? Est-ce que... sincèrement, tu penses à ces choses?
 l'épouvanté : Mère, oseriez-vous, à cette heure, vous aller regarder dans une glace ?
 la mère (se retournant vers le fond du salon et très troublée): Non ! Non ! Je n'oserais pas... Si nous allumions une lampe...
 l'épouvanté (la forçant à se rasseoir et ricanant): Là... je savais bien que, vous aussi, vous auriez peur ! Tout à l'heure vous y verrez très clair ! Pourquoi vous obstinez-vous, femme, à peupler nos appartements de ces cyniques erreurs qui font que je ne puis jamais, jamais être seul ? Pourquoi me lancez-vous à la tête cet homme-espion qui a l'habileté de pleurer mes larmes ? J'ai vu, un soir que je vous mettais une pelisse de fourrure sur les épaules en sortant d'un bal, j'ai vu dans un miroir sourire voluptueusement une dame qui vous ressemblait, ma mère !... Un matin que j'attendais ma cousine Sylvia, me morfondant derrière sa porte, un bouquet d'orchidées à la main, j'ai vu cette porte s'entrebâiller sur une glace immense où se reflétait une belle fille nue à la pose provocante !... Les glacés, ma mère, sont des abîmes où sombrent à la fois et la vertu des femmes et la tranquillité des hommes.
 la mère : Tais-toi ! je ne veux plus t'écouter.

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