Page 283 · Tome II. Janvier-Juin 1891

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Vide coque d'alarmes,
Leste-toi de grenouilles
Et cingle sur mes larmes
Vers les neuves quenouilles!

Mon Cœur est chevauché par des sabots allègres
De cavales maigres!

Vite! aux donjons d'ivoire
En l'île de vengeance
Où je serai la Gloire
Aux bagues d'indulgence!

Mon Cœur est chevauché par des sabots allègres
De cavales maigres!

30 octobre 89.


LA PLUIE PURIFICATRICE




Les arrosoirs volants s'épanchent sur la geôle
Où le serpent noua la rogue humanité;
Sous les orteils divins, c'est comme un vaste saule
Eparpillant ses longs rameaux d'humidité.


Néanmoins, j'ai quitté la tuile maternelle
Et je m'offre sans linge au ciel extravagant;
Même je fuis l'égide parvule d'une aile,
Ayant soif du pardon que pleure l'ouragan.


Saintes perles de l'altière Mélancolie,
Entreprenez l'âpre lessive des péchés
De cette viande laide autrefois si jolie;


Et viens, Cygne, au vieux parc de mes os débauchés.
Réaliser le ciel de ma chasuble en pluie
Moyennant le remords de la Ténèbre enfuie !

Ile Tristan, 18 octobre 90.

Saint-Pol-Roux.

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