Page 129 · Tome II. Janvier-Juin 1891

DEUX POÈMES (1)
I
Les Quarante Heures
Des tous les jours que l'année, cette joueuse au cerveau, chasse devant elle, le jour d'aujourd'hui est le plus singulier, peut-être. Il nous faisait rire autrefois. Nous ne rious plus; je rêve, et toi, tu pries... Seulement ta prière est plus longue que les autres jours, et moi, ma rêverie plus amère.
C'est le jour des masques pour moi,
Pour toi, le jour des Quarante Heures!
Jour double et mi-parti comme l'habit d'un bouffon qui rirait avec le cœur gros et les yeux en larmes. — Vêtu comme Scaramouche — ici, d'un jaune éclatant et joyeux, — là, d'un noir funèbre. Païen et chrétien à la fois. Jour d'éternelle dissipation et d'adoration perpétuelle.
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