Page 199 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

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 Ou s'elle a, rompante les vignes,
 Nourri de soleil vingt flacons :
 Muses ! l'élisez la plus digne
 Et le soin de sa main provigne
 Les vergers pompeux d'Hélicon!


 Et puis ordonnez, beau-riantes,
 Vous, ô beau-ballantes enfants,
 Que la rose et le mélianthe
 Se tordent en tresses brillantes
 Autour de son front triomphant!


 Puis ô vous, beau-chantante troupe,
 Fêtez! puis ô vous et chantez
 Celle mieux chère à Callioupe
 Pour qui va tonner dans la coupe
 Le vin de l'Immortalité!


 Tu le sais, toi, Muse, ma mère !
 Si de toi l'honneur que j'attends,
 Autre fut jamais que d'Homère
 Renouer la corde prospère
 A la lyre des nouveaux temps!


 Tu sais si ma joue, au barbare
 Implacable et riche en haros,
 N'a rompu les flûtes avares
 Et tordu l'airain de Pindare
 Avec le poumon des héros!


 Tu sais si mon bras grave aux taures
 Les a pas, beuglantes, courbé's
 Et si j'ai, vidant sa pléthore,
 Plongé dans la tripe au Centaure
 Toute la longueur de l'épé'!


 Et si jamais soye autre trace
 Que poursuivie ai-je et suivrai
 Que de rendre le luth de Thrace,
 Le luth de Ronsard et d'Horace,
 A ce moréas bien lauré!

Mars 1891.

Maurice du Plessys.

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