Page 277 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

prôté
Ta mémoire est bonne, Deuteros. C'est ainsi qu'il faut te rappeler Socratès, et l'imagination le fera revivre en toi.
deuteros
Socratès te répondit, mais j'ai oublié sa réponse. Elle a fui comme le lièvre fuit du bois envahi par le chasseur.
prôté
Je te la redirai, Deuteros, et tu ne l'oublieras plus.
deuteros
Pourquoi ne pas redire deux autres mots jadis entendus, les mots de la claire nuit de juin où notre primitive unité renaquit dans le mystique secret de l’Éros triomphant.
prôté
La présence de Prôtos nous impose une réserve qu'il ne convient pas de violer.
deuteros
Fuyons alors. L'ombre a bleui sous les bois d'olivier.
prôté
Deuteros! Deuteros !
prôtos (intervenant)
J'ai trouvé la péroraison sacrée, l'auguste mélodie du verbe terminal, écartant les dissonances et les terminaisons barbares. Maintenant, j'ose le dire, notre divin Socratès sera dignement loué.
deuteros (avec remords)
Nous étions des ingrats, Prôté. Lui pense toujours à notre maître absent.
prôté
Non, grand sot, il pense à son oraison funèbre (plus bas) Fuyons, dis.
R. Minhar.
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