Page 112 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

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mées malades, et les quintes de toux des poitrinaires, les tisanes bouillantes, les respirations courtes des opérés, montent, montent péniblement, se traînant, navrantes, témoignant des tortures inouïes qu'endurent les malheureux punis d'avoir voulu vivre. Oh ! les fumées désolées !... Et, indifférent, le soleil en arrose, l'automne, l'asphalte de nos boulevards : c'est la pluie lugubre de novembre, qui abat les feuilles, une pluie valétudinaire...


 Elles ne sont point montées jusqu'au jeune éther triomphant, les humbles fumées !... Non, elles sont retombées sur les roses fraîches en rosée les exhalaisons des roses flétries. Et les derniers petits souffles des vieux petits oiseaux ont semé, sur les mousses, des gouttelettes amères que le soleil a bues sans les voir !...


 ...Les fumées remontent comme des folles vers la clarté du pays bleu, elles repartent en guerre, les fumées, en guerre contre un implacable azur !...

Rachilde.

 Mars 1890.

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