Page 199 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

jamais les aventures qu'il s'imaginait, quand elles étaient des crises.
Ainsi la perversité de l’Écornifleur ne va pas jusqu'à pousser ses fantômes dans la vie, ni son esthétique à se contenter de les créer dans l'art. Il est heureusement égoïste. Il se rencontre sur son chemin et recule. Il n'a pas encore pour ses créations assez de pitié pour se soumettre à elles, et souffrir pour qu'elles vivent.
La littérature a fait naître des êtres terribles dans les chambres secrètes de son cœur et de son cerveau. Mais il est devenu poète ; et dans ce livre il a tenu jugement sur lui-même.
Marcel Schwob.
(1) L'Ecornifleur, par Jules Renard (P. Ollendorff.)
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