Page 213 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

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LE SECRET DE LA BAGUE


 Pouvez-vous me le pardonner, que je porte, — Très chère, une boucle de cheveux dorés, — Non des vôtres, et cependant que je les porte en signe de l'amour, — Et de la foi jurée qu'elle me remémore ? — Il y a dans cette étrange vieille bague à cachet — Une curieuse chose gravée et ciselée, — Et je l'achetai parce qu'elle charmait mes yeux — Et me parlait du siècle passé. — Elle était d'or pur, mais noircie et salie,— Et, la nettoyant un jour, je touchai — Un ressort qui ouvrit un petit couvercle,— Et la, caché pendant des générations — En son minuscule sanctuaire d'or pâle — (Ils faisaient de ces sortes de joujous, aux jours de jadis), — Quelques cheveux gisaient bouclés; — Plus chers que tout l'or du monde — A quelqu'un autrefois, qui maintenant... ah! ah! — Cela se passait il y a bien cent ans.

 Mais, très chère, s'il aimait comme j'aime, — II aima pour l'éternité.



« SEULEMENT A LA MORT »


(Inscrit sur une vieille Bague.)


 « La mort seule divisera notre couple »: — «Non, elle ne fera pas cela, dit-elle, — L'Amour que je vous donnai est pour toujours : — La noire Mort, avec tous ses cruels efforts — Ne peut pas nous condamner à la séparation, mais seulement à la mort. »

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