Page 66 · Tome V. Mai-Août 1892

Salve, caput cruentatum, Totum spinis coronatum, Conquassatum, vulneratum, Arundine verberatum, Facie sputis illita...
...Tête si ravagée par la souffrance que sa hideur devient extra-humaine, - et divinement adorable; La Fin d'un Jour : une tête lumineusement triste aux yeux de bleu lapis (1) ; L'Enfant prodigue, qu'auréole l'ennui de toutes les joies, - aux yeux morts à tout désir, - à la bouche vitupératrice de tout baiser; Séraphitus Séraphita, être inquiétant, sans âge ni sexe, laid, étrange, à la main une fleur inconnue, signe de son impossible amour, vêtu de violet pâle, les yeux mélancoliques de ne pas vivre; L'Ami : derrière des barreaux, se meurt l'intangible ami aux yeux clos par le désespoir; Le Cantique, une femme dont toute la face et les lèvres chantent le chant de l'extase attristée vers l'au-delà... Ces pastels ont dit cela et bien d'autres choses.
R.G.
(1) C'est d'après ce pastel de Mme Jeanne Jacquemin que M. A.-M. Lauzet a gravé l'eau-forte aujourd'hui offerte par le Mercure de France à ses abonnés (V. feuille d'annonces en tête du présent numéro).
BOÈCE AU MOYEN-AGE(1)
Le grec Hermas, chrétien et platonicien, et familier même davantage avec les dires de Diotime qu'avec les paraboles évangéliques, écrivit, aux temps de saint Paul, un livre, le Pasteur, qui a servi de modèle à tout un cycle de livres. Le début en est tout à fait pur et plein de grâce :
« Celui qui fut mon hôte à Rome me vendit une jeune fille. Beaucoup d'années après, je la revis, je la
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