Page 340 · Tome V. Mai-Août 1892

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PETITS APHORISMES
SUR LA SOCIÉTÉ


1

 Les conventions sociales sont des compromis entre la justice et l'intérêt.

2

 La société n'a pas de morale : elle n'a que des mœurs.

3

 La société fait les lois suivant ses instincts, et les viole suivant ses besoins.

4

 On prend les hommes pour ce qu'ils se donnent; on en a pour ce qu'ils sont; on les juge pour ce qu'ils devraient être.

5

 Tout ce que nous valons comme hommes, nous le déprécions comme individus sociaux.

6

 Plus une société est fortement constituée, plus les individus qui la composent le sont faiblement.

7

 Le travail dégrade l'homme plus qu'il ne l'ennoblit.

8

 Les animaux que l'homme a associés à son travail semblent accablés du même poids qui oppresse leur tyran.

9

 Il n'y a de vraiment digne que le travail libre, celui que l'homme entreprend poussé par son seul instinct d'activité, sans y être contraint par la nécessité de gagner sa vie.

10

 Le travail forcé a cette conséquence néfaste de dégoûter l'homme du travail.

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