Page 238 · Tome V. Mai-Août 1892

Fac-similé de Mercure de France tome 005 1892 page 238.jpg

LE THÉATRE DE LA DOULEUR

ET DE L'AMOUR

Marionnettes Sacrées

...... saeroque dat oscula ligno

Transfixosque pedes clavis et pectus apertum

Sacraque profuso fletu rigat ora, suisque

Objicit hanc vitiis mortem, nec obire vicissim

Abnegat, ante novo malesanam crimine mentem

Quam sceleret tantosque Dei frustretur amores

(Jacobi Vanierii e sotietate Jesu sacerdotis, Praedium rusticum. Libro VIII°)


 Grâce à quelques Grandmougin et à d'autres Jean Béraud, se prétendant poètes peintres, qui avilirent la légendé divine jusqu'à la rendre, pour les bourgeois les moins suspects d'intelligence, presque aussi intéressante qu'un vaudeville ou un tableau de genre, Notre Seigneur Jésus-Christ fait momentanément, dans la presse et dans le monde, une assez bonne figure. Le hasard m'a mis entre les mains et la beauté du titre m'a invité à lire un curieux livre : Theatrum doloris et amoris, écrit au début du siècle dernier par un Jésuite Bavarois, le Père François Lang, qui a arrangé, lui aussi, pour le théâtre le récit de la Passion.. Cette œuvre singulière pourrait bien être le dernier drame liturgique, en pleine époque classique, et la première tragédie religieuse où l'on ait, avant le Petit Théâtre de la Galerie Vivienne, remplacé les acteurs par de simples marionnettes. Voici plus exactement comme elle se présente au public:
 Theatrum Doloris et Amoris sive consideratione mysteriorum Christi patientis, et Mariae matris dolorosae subcruce condolentis filio piis affectibus conceptae, et in oratorio almae sodalitatis majoris B. V. Mariae ab angelo salutatae Monachij per verui jejunij Sabbathinos dies sub vesperum D D. sodalibus pie meditantibus ad lampades expositae. Nunc ad plurium utilitatem in lucem publicam

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