Page 338 · Tome VI. Septembre-Décembre 1892

Que mes chants te soient des verveines! Mes mots, les astres d'un beau soir! Dans les Mystères ineffables, Nous prélassons nos membres nus !... Nous vivons sous des ciels de fables Des baisers que nul n'a connus... Les Mages aux âmes flétries, Restés dans nos vieilles patries, Ignorant nos forêts fleuries, Raillent nos exils ingénus !... Nos brocarts leur semblent des loques !... Que nous importe leur mépris? Que nous importe qu'on se moque Des hymnes qu'on n'a point compris? Et que nous importe le nombre Des aveugles à l'âme sombre Dont l'œil séché prend pour de l'ombre Nos gais midis clairs et fleuris?Mes verbes dansent en délire, Captifs évadés des cachots !... Mon cœur frémit comme une lyre! Mon ventre est plein de parfums chauds! Mes mains ont des gestes de reines! Mon âme est pleine de Sirènes Chantant des Péans et des Thrênes Dans le nuage des réchauds!... Hermès! Mon corps roule parterre, Ivre de chansons et d'encens!... J'ai bu le vin noir du Mystère! J'ai bu des lions rugissants! Hermès ! La neige de mes hanches, Vole comme des plumes blanches Et mes yeux pleurent des pervenches Et des saphirs éblouissants !... Hermès! Hermès ! Hermharpocrate! Dieu des luths, des sphynx, des ibis! Tauth ! fils du Nil et de l'Euphrate! Hermapollôn! Hermanubis! Dieu des couleuvres bicéphales! Dieu des cabales triomphales! Dieu des pierres philosophales Et des creusets pleins de rubis !. . .
MercureWiki, révision 24401, 2015-01-31. Wikitexte original.