Page 57 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

LES PETITES BRUYÈRES
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Écrire des maximes, c'est relever chaque jour, comme un épicier d'ordre, les petites recettes de son esprit.
2
Faire un volume entier, ou seulement tenir toute une conversation sans parler de ces dames, voilà une originalité à prendre, un tour de force à exécuter. Sinon, parlons en tout de suite et que ça finisse.
3
Et d'abord, nous pensons leur être agréable, et même leur faire un brin de cour (étrange métaphore ! pourquoi pas une botte ?), en numérotant ces quelques notes au moyen de chiffres ordinaires, pour ne pas dire arabes, car il a été fréquemment constaté que les chiffres romains les déroutent, et qu'au delà du nombre XXX elles ne savent plus trop où elles en sont.
4
Quand une femme vous dit: « Oh monsieur ! moi, je comprends tout ! » traduisez poliment : « Je suis une vieille folle, et, pour offrir des pantoufles à mon amant, j'économise sur les polichinelles de mes enfants et le tabac de mon mari. »
5
Il est convenu que les poètes, les romanciers, tous les hommes d'art ne travaillent que pour la femme. Ils ont grandement raison et se trouvent
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