Page 107 · Tome I. Janvier-Décembre 1890

Tient-il du vautrement des vaches qui digèrent
Dans l'herbe épaissie où murmure un fil d'eau,
Sans même qu'un frisson leur coure sous la peau ?…
Est-ce un qu'on ne sait plus pourquoi Dieu le tolère :
Corps mûr pour le néant dont le coup de tonnerre
Déjà chemine qui doit le rendre à sa terre !
On ne sait, car vraiment ! nul émoi n'a passé
Sur son masque de sphinx aux pâleurs d'agonie.
Et tandis qu'entre eux deux ! la Terre et le Ciel, c'est
— Qui s'échange ! un adieu de tristesse infinie,
Le pauvre orchestre de village non lassé
Poursuit sa ritournelle avec monotonie !
Ernest Raynaud.
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