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Ernest Raynaud, « Sonnet », Mercure de France, t. I, n° 11, novembre 1890, p. 389.


SONNET



 O pouvoir m'affranchir de l'amour fou que j'ai
 Des corps charmants évoluant dans leur souplesse !
 Tout mon cœur n'est qu'émoi fragile et que faiblesse,
 Des beaux yeux et des belles mains m'ont affligé.

 Entre toutes du moins le souvenir me blesse
 D'Une que j'ai connue en un bois d'orangers
 Cependant qu'affluait à mon cœur la mollesse
 Des feuillages, de l'eau bleue et du ciel léger.

 Certains soirs, accoudé, j'ai fait mille beaux rêves,
 J'en suis sorti plus désolé qu'auparavant,
 Je ne veux plus de ces mensonges décevants !

 Sybarite, place ! à ce moine qui se lève
 Et passe, ayant muré tout son corps au dehors,
 Avec, aux yeux, la seule image de la Mort !


Ernest Raynaud.

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