Page 94 · Tome II. Janvier-Juin 1891

« Comme sous un souffle de flamme
S'exaltent mes désirs virils;
Qu'importé les futurs périls :
Une fleur a fleuri mon âme!...
Des Messagers clairs sont venus
Qui m'ont dit : « Tu ceindras le glaive,
« Et tu chevaucheras sans trêve,
« A travers les vaux inconnus,
« Jusqu'à la Citadelle haute
« Dont les créneaux crèvent les cieux.
« O Roi va donc, insoucieux,
« Le Palais vide attend son hôte!»
Et j'irai, le premier de tous,
Opérer l'épique escalade.
Méprisant la vaine peuplade
Des tristes railleurs et des fous.
Je serai le prêtre des prêtres
De l'unique Divinité,
Vers qui de toute Eternité
Monte la prière des Êtres.
Spoliateur essentiel
Mon règne n'aura point d'automne,
Car je tresserai ma couronne
De fleurons dérobés au Ciel! »
Ayant chanté cela très gravement, le Roi
Caresse la crinière de son palefroi,
Puis abaissant, d'un geste qui salue,
Son épée à la gloire a jamais dévolue,
Tandis que douze héros d'or
Sonnent du cor,
Et que clame la populace,
Il part au galop, l'Elu du Destin,
Et l'éclair bleu de sa cuirasse Brille longtemps par le chemin.
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La Princesse enfantine qui l'aima d'amour,
Regarda l'occident jusqu'à la fin du jour
Et puis mourut parmi l'essor des tourterelles!...
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