Page 286 · Tome II. Janvier-Juin 1891

CANTILÈNE POUR CÉLÉBRER
LES
CENT BEAUTÉS DE LA PETITE VIERGE
Couleur de poésie et couleur d'auréole !... — Ce grand vol triomphal, ce vol de cygnes roses S'effarouchant au froid de ces neiges d'automne Dont s'effarent les lys et les roses d'automne, Ce beau vol, n'est-ce pas le parfum de ton corps?
— Qui donc ne te dirait : Tu seras le jardin, L'exquis jardin fleuri de lys et de jasmins, Où, sous le ciel rose et or d'éternels matins, Grisés d'effluves blonds et d'aurore et de thym, Bondiront des troupeaux de biches et de daims?
— Il pleut, il pleut, dans les jardins, il pleut, il pleure... — Entends-tu le silence d'un astre qui meurt?... — Ah! tes mains!... Et tes doigts, qui finissent en fleurs!..
Ah ! le puits bienveillant, parmi les blondes mousses, Blondes, tels les duvets des Blondes ! et si douces !... Le charitable puits où j'ai bu bien des coups!...
Ah! tes gestes, pâlis comme un refrain d'antan! Et ta subtile robe, en effluves d'encens! Et ton rire de givre! ah ton rire d'enfant!
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