Page 287 · Tome II. Janvier-Juin 1891

Et tes yeux, qu'il faudrait pour le bandeau du roi, Opales qu'on voudrait pour le bandeau du roi, Tes yeux, ah ! tes grands yeux, bénévoles étoiles Vers qui vole, en la nuit, la prière des voiles !
Et tes seins! Et ton front! Et ta mignarde oreille Faite d'un peu de nacre et de beaucoup de rêve!... Et tes pieds longs et fins, tels ceux de Ganymède!...
Tes cuisses ! N'est-ce pas celles d'un jeune archange Qu'emporte dans l'azur un beau vol d'ailes blanches? Et ta voix, paradis immarcessible où chantent
Les Séraphins ailés et les mystiques Harpes!... Et tes sourcils, tes purs sourcils, d'un blond trop pâle ! Et les serpents très caressants que sont tes bras ! Et tes ongles aigus qui semblent des pétales ! Et ton corps ! Tout ton corps ! Et ta tête, si chaste !... — Mais ton ventre, on dirait un rêve de vieillard !
20 novembre 1890
LE SARCOPHAGE VIF
A Charles Wiest
La Tarentule immonde, en faction, Raille mes cris d'un fou rire moqueur!... J'ai dans le corps, à la place du Cœur, Un vieux cadavre en putréfaction...
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