Page 138 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

CAQUETS DE MÉNAGE
A Gustave Geffroy.
I
CHLOÉ
Tu ne sors pas assez. Si tu veux, ce soir, après dîner, nous ferons un tour.
DAPHNIS
Par les allées où tombent les marrons, nous irons entendre les grenouilles de haie et les aigres sauterelles. Promets-moi que tu poseras un ver luisant dans tes cheveux, promets-le moi.
CHLOÉ
Nous regarderons aussi quelques étoiles. C'est à cette époque qu'il en file le plus.
DAPHNIS
Elles fondent de chaleur et se décrochent. Tu aimes donc les étoiles?
CHLOÉ
J'aime tout ce que tu aimes.
DAPHNIS
C'est commode. On n'a pas besoin de faire deux cuisines.
II
CHLOÉ
Je sais qu'un garçon doit «faire la noce », et je ne suis pas jalouse de tes anciennes maîtresses.
DAPHNIS
Tu me permettras de t'en parler quelquefois. Pourquoi n'en es-tu pas jalouse? Ton dédain me froisse. Je les ai aimées ces femmes. Elles ont compté dans ma vie. Plusieurs étaient fort bien.
CHLOÉ
Je veux dire qu'un jeune homme doit jeter sa gourme.
DAPHNIS
Pourquoi? Pourquoi? s'il n'a pas d'humeur et s'éponge régulièrement la tête.
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