Page 105 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

HORTORUM DEUS
I
Hujusnam domini coluntme Deumque salutant.
Catulle.
Respecte, ô Voyageur, si tu crains ma colère, Cet humble toit de joncs tressés et de glaïeul. Là, parmi ses enfants, vit un robuste aïeul; C'est le maître du clos et de la source claire.
Et c'est lui qui planta droit au milieu de l'aire Mon emblème équarri dans un cœur de tilleul; II n'a point d'autres Dieux, aussi je garde seul Le verger qu'il cultive et fleurit pour me plaire.
Ce sont de pauvres gens rustiques et dévots; Par eux la violette et les sombres pavots Ornent ma gaine avec les verts épis de l'orge;
Et toujours, deux fois l'an, l'agreste autel a bu, Sous le couteau sacré du colon qui l'égorge, Le sang d'un jeune bouc impudique et barbu.
MercureWiki, révision 14910, 2012-03-07. Wikitexte original.