Page 117 · Tome V. Mai-Août 1892

jean
Je me lève plus calme. Mes serviettes seules me préoccupent. J'en ai sept ou huit en train. Dès que l'une d'elles est mouillée, je la rejette. Je ne leur tolère qu'une corne humide : La première m'essuie le front, la seconde le nez, la troisième une joue, et ma tête n'est pas sèche que j'ai mis toutes mes serviettes hors de service.
jacques
Est-ce que tu verses de l'huile sur tes cheveux ?
jean
Ils sont naturellement gras.
jacques
Tu as de la chance. Je me bats contre me mèches. Une, entre autres, se révolte. Je la ratisse et l'écrase à me l'enfoncer dans le crâne. Elle se redresse pleine de vie, enfer. Je m'imagine qu'elle va soulever mon chapeau, et je n'oserai plus saluer, par crainte de montrer une horreur.
jean
Fais-la scier.
jacques
Ainsi que tes moustaches. Enseigne ton procédé.
jean
Je les ronge moi-même, avec mes propres dents.
jacques
L'aspect de ta lèvre déconcerte. On y remarque un vague pointillé noir, les restes d'une moustache incendiée, la fumée, l'ombre, le regret d'une moustache.
jean
Je ne pense que si je mordille, si j'ai comme un laborieux mulot dans la bouche. Enfin suppose-ta mèche domptée.
jacques
Je veux sortir. Je descends les escaliers, et sur chaque marche je m'arrête. Mes souliers se frottent par le bout, se caressent du nez. Je piétine jusqu'à ce qu'ils soient satisfaits, et souvent je remonte.
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